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Mercredi 13 décembre 2006 3 13 /12 /Déc /2006 11:21

Par NeOx & FuzE - Publié dans : Bande-dessinées
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Mercredi 13 décembre 2006 3 13 /12 /Déc /2006 11:16

L’hétéronymie est-elle un gage de qualité ou un syndrome d’égotisme artistique ?...

Scott Heren aka Prefuse 73, Delarosa + Arosa ou encore Savath et Svalah sont autant de personnalités différentes qui tentent de canaliser une schizophrénie musicale que d’une étourdissante faconde ?...

La carrière de Scott débute en 2000 par son projet « Electronica-Post-Rock », Savath & Savalah et ce n’est qu’un an plus tard qu’il balancera ses esquilles Hip-Hop électroniques avec Prefuse 73.

Ce troisième album intitulé « Surrounded By Silence » peut être considéré comme son œuvre la plus accessible en ce sens que les compositions sont assez facilement déchiffrables par le quidam attiré par les machines électroniques qui fleurissent de plus en plus souvent les échoppes Hip_Hop.

Certes Anti-Pop Consortium ou encore les Neptunes ont bien défriché le terrain mais ce n’est pas une raison pour ne pas reconnaître en Scott Herren, l’art incomparable de « Scratcheur Electronique » de haute-volée.

La différence avec les autres qui s’essayent à faire sonner leur sampler « Hip-Hop » est qu’il rend son collage sonore aussi vif et sensuel qu’un bon vrai scratch d’un vinyl usé jusqu’à la corne.

En écoutant attentivement le disque avec un bon casque ou un bon équipement Hi-Fi, on pourra naturellement apprécier tout le travail de production, où les sons de la rue y sont subliminaux, rendant les compositions à forte concentration électronique à la fois urbains et humains.

Cet aspect est d’autant plus vrai que Scott Herren a convié à sa partie des vocalistes aussi variés que GZA, Tyonda Braxton, Aesop Rock ou encore Beans.

On retiendra de cette tentative de grande envergure, le néo R’n’ B (featuring Camu) « We Go Our Own Way » avec sa mélodie soul désincarnée, ou encore le concassage électronique « synthé/cordes/instruments à vents » sur « Gratis ».

La palme revenant à la collaboration avec GZA « Just The Thought », où Scott Herren nous gratine une rythmique de batterie faisant honneur à un Questlove au meilleur de sa forme, sous le doux courroux d’un synthé digne d’une chute de studio de la B.O. de « Ghostdog ».

En somme un album facile (quoique !...) qui enrichit la discographie d’un artiste assez unique en son genre.

Par NeOx & FuzE - Publié dans : Actualités Underground Hip hop
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Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /Déc /2006 11:43

A la première écoute on les donnerait californiens. Leur deal avec le label angelno Epitaph renforcerait cette latence cérébrale. Une simple impression, puisque eux viennent d’un peu partout sauf de l’ouest : Chicago et Pennsylvanie comme case départ et une (ré)union à Orlando, Floride en guise d’épilogue. Soit comme point de chute le doux cocon de l’hédonisme carton-pâte US, joyeux royaume pour souriceaux, j’ai nommé DisneyWorld. La Floride en pôle unificateur d’un activisme déclaré hip-hop, pour sûr, et résolument réactionnaire parce qu’il le fallait bien. Les participants à cette assemblée sudiste, à 20 000 lieux des joutes prépubères du 2 Live Crew d’antan, répondent au doux nom de Solillaquists of sound. Ou « Soul il e kwists uv’ saund » selon les dires de DiViNCi, membre fondateur et chef d’orchestre de ce conglomérat artistico-polyphonique. Trois membres actifs ou cinq participants plus ou moins impliqués, au choix. DiViNCi, Swamburger et Alexandra(h) pour le noyau dur. Tonya Combs et Charles Wilson III pour les électrons libres. Dans l’ordre producteur et beatmaker pour ViNCi, MC transformiste pour Swam et chanteuse (chanteuse ? un rien réducteur considérant la palette nasale de la dame) pour Alexandra(h). Puis poétesse touche-à-tout pour Tonya et arrangeur multi-instrumentiste pour Charles.

Tous dans une même embarcation fleurie et colorée -la pochette toute en aquarelles est à l’image de l’album, un patchwork d’idées, de couleurs, de sonorités au final, de personnalités. Et tout ce beau monde signé chez Epitaph.

Epitaph c’est la maison mère de Pennywise, Bad Religion (ah ! Greg Graffin…), Rancid ou encore Millencolin. Plutôt du brutal donc. Loin des convulsions électro-boogaloo d’un Crazy Legs ou d’un Bomb the Suburbs de William Upski, plus no future que peace & Unity donc. Sauf que le label californien au dos rond a (semble-t-il plutôt bien) engagé un branle-bas le combat artistique vers un hip-hop indé jusqu’à prendre sous son aile Slug et Atmosphere, The Coup, Busdriver, Doom et une souris à la SP (pour DangerDoom) ou encore Sage Francis. Et au final nos éloquents floridiens Solillaquists ov Sound, qui ont eu le plaisir de grimper dans l’autobus de ce même Sage Francis lors de son Healthy Distrust Tour en guise de tremplin national de premier choix. N’oublions pas au passage que ce long format n’est pas le premier monologue du groupe à apparaître sur wax bien que ce soit le premier à connaître une diffusion digne de ce nom (ah, franchir les barbewires de l’underground, un doux rêve…). En effet 4 Student Coun*Sol (2002) Tour de SoliLLa (live, 2005) et N Btween Worlds (best 2000-2004) avaient précédé cet album, mais n’avaient connu qu’un très faible retentissement médiatique malgré les efforts de Nonsense Records, leur label d’alors (qui a notamment sorti cette année la très bonne compilation Community Service) .

 DiViNCi et Swamburger ne sont pourtant pas des inconnus. Ils ont tous deux produit pour la suite du Vaudeville Villain de Viktor Vaughn en 2004, bossé avec le très funky Beef Wellington, et y sont tous deux allés de leur effort solo. Alex s’est elle contentée de quelques apparitions à droite et à gauche.

L’heure était donc venue pour une expression commune. C’est chose faite, et plutôt bien faite. Oscillant entre gros programming matador (« Black Guy Peace »), boom-bap 90s relifté, pitché et saccadé à la sauce millénariste nouvelle (« Property & Malt Liquor ») et new-jazz taillé pour une présence - rimshot - toute féminine (« All Too Common »), les douze titres de cet album jouent tous de leur propre personnalité et vivent sur leurs lignes sonores, plutôt éclatées (« Ur Turn », exemplaire à ce propos, ou « Mark It Placed » et ses renvois drum’n bass en bout de course). Les titres se parent d’un rendu sonique très « live » sans aucun doute grâce aux couches et ré-instrumentations bien senties de Charles Wilson III, basse et piano, Laura Escudé, violoncelle, Kris Gruda, guitare, notamment. Et quand on sait que les influences sonores de DiViNCi oscillent entre le Project Blowed, Sly Stone, Square Pusher, Eric Satie ou Hendrix, on comprend d’autant mieux cette livraison.

Côté emceeing la doublette rappelle que la formule homme/femme fonctionne souvent à merveille (ah regrété Translator Crew) et peut même réserver de nombreuses et bonnes surprises (« Our 2 Cents » et ses côtés 1,2 pass it on).

Swamburger, déjà remarqué sur pas mal de projets (dont un titre avec DJ BMF pour le Beat Suite de Spinna) éclaire l’album de sa langue pointue et acérée et n’hésite pas à descendre de nombreux acteurs de la culture noire nord américaine. Car les lyrics de cet album sont une petite mine, plus qu’une simple impression de conscient hip-hop comme une première écoute peut en souligner les traits. « Property & Malt Liquor », sur son fond de guitare latine à la Delinquent Habits (ce n’est pas une critique) apporte une réflexion engagée sur une misère éthylique au sein de la communauté noire, où les jeunes ont pour compagnons de zone quotidienne ces 40 ounces de malt, bières ravageuses à moins de 2 dollars le litre. Eazy panthéonisera ainsi la Olde English 800, EPMD, King Tee ou Ice Cube la St. Ides et l’acteur Billy Dee Williams (le Lando Calrissian de Star Wars) la Colt 45. Ravages dans les projects. « A city drinker meets malt liquor on the corner of black pride, grabs the bottle / Billy Dee advertises colt -another name for a gun- plus sound like a religious cult. Why ? » ou encore « Blacks were promised 40 acres but only got 40 ounces […] rappers advertise ST. IDES. Rearrange IDES to get DIES ». Beaucoup de jeux syllabiques et d’états d’âme poignants sur la consumérisme et le nécessaire retournement des symboles (« I heard that Chris Columbus discovered nothing but native’s living here / he killed them and you senselessly celebrated your thanksgiving here », dans Mark It Placed). Swamburger est au final très rebondissant, même si assez robotique, petit défaut du flow contrebalancé par la profondeur des envolées chantées / rappées de la libellule soul Alexandra(h).

 Rappelant parfois le timbre d’une India.arie (le court mais intense « Beautiful Catastrophe »), Alexandra(h) replace de son côté le chant soul féminin au cœur d’une musique noire actuelle peu en forme et prouve que celui-ci peut être compatible avec un eemcing pointu (celui de Swamburger, mais aussi le sien !). Au final, le chemin tracé par la chanteuse, de son Chicago natal à sa Floride d’adoption, est à nos yeux le cordon ombilical tendu entre le jazz vocal de Lorez Alexandria et la southern soul de la sylphide Gwen McCrae. Une pélicule douce-amer de féminité sur des balancements chaloupés et radicalement modernes.

 As If We Existed est donc un savant mélange entre un boom-bap digital conçu sur MPC, laissant peu de place aux samples (les parties instrumentales sont majoritairement (bien) rejouées) et une soul suave voire sucrée qui vient interagir avec des rimes dénonciatrices et annonciatrices de réflexions sur des maux bien contemporains, entre black proud et straight-age conscient (« Property & Malt Liquor », « Mark It Placed » ou « Choices »). Le tout savamment mixé et produit (un peu trop, certes) donnant à l’ensemble un souffle pop pas forcément malsain. Car oui, cet album plaira autant à un « popeux » (dans le sens non péjoratif de personne appréciant la musique des beatles, word) qu’à un « poppeur » (dans le sens non péjoratif d’une personne se trémoussant sur les sons de The Egyptian Lover, amen).

Et c’est toute la force de cet album polymorphe. Plusieurs carapaces, plusieurs entrées, plusieurs appréciations, et au final évidemment plusieurs écoutes. Un titre comme « Black Guy Peace », taillé boom-bap digital fera penser aux meilleurs productions d’un Eligh ou Grouch des Legends, pour son minimalisme rentre-dedans édulcoré et bien vitaminé. La chanson est exemplaire de ce qu’est ce disque : aussi évolutive que surprenante. A chaque apparition de notre chanteuse, le titre concernée change de couleur, se plastifie, sort de l’écorce boom-bap électro-mélodique qui lui a été forgé par ViNCi pour bourgeonner vers des cieux à la fois funk, soul, sucrés et scintillants.

Un soliloque est un monologue intérieur, parfois exprimé à voix haute. Souvent à la fois divulgateur d’états d’âmes évidents et astucieuse mise en abîme. Une définition qui correspondrait assez bien aux envolées lyriques papillonnantes qui cimentent ce nouvel album des Solillaquists, malgré ses petits défauts. En conclusion : les états d’âmes et bleuets d’un groupe hip-hop engagé et une musique plutôt revigorante et haute en couleurs.

Par NeOx & FuzE - Publié dans : Actualités Underground Hip hop
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Lundi 11 décembre 2006 1 11 /12 /Déc /2006 11:42

« The freezerburner sent me, let me introduce myself / The speaking furnace verses eartquakes, typhoons I qwelled […] the ice will burn em like the crews that I felled ». Messianique dès l’introduction. Qwel revient donc plus de deux ans après le magique et élégiaque The Harvest, association passée et bienheureuse avec Maker, prodigieux beat-fabriquant de la forge G4 et membre en heures creuses du sous-estimé combo Glue. Familiers des sorties régulières en provenance du roster de l’Illinois, grands crus le plus souvent, nous assistons avec Freezerburner à la quarantième parution du label (déjà) et au cinquième plaisir solitaire de Qwel. Rappelons que le Nacrobat spitter possède une discographie fleuve, cd-r par ci, tour cd par là -le récent Caffeine dream avec Mike Gao confirme l’ubiquité de l’homme- et fanfaronnades phonographiques de jeunesse avec ses Typical Cats. Voilà pour les présentations. Sauf qu’au générique on note que Freezerburner voit défiler Qwel ET Meaty Ogre. Rajoutons donc une couche au who’s who du label chicagoan : comme pour tous ses autres solos, le MC prolixe, graffer assagi et battler-emcee de talent (Eyedea doit s’en souvenir assurément), a décidé de rejouer la carte de la cohérence sonore en travaillant avec un seul et unique producteur. Après Maker, Jackson Jones et Mike Gao, Meaty Ogre est le nouvel élu. Autre signature du label, et beat-artisan pour toute l’écurie G4, Meaty Ogre a déjà fait acte d’orfèvreries instrumentales pour (entre autres) Robust, Offwhyte, Mestizo, Rift Napalm ou Sage Francis, sur Galapagos 4, Memphix ou Heardrums (pour une série de 7 inches instrumentaux). Une alliance entre les deux hommes qui fait long feu et arrive donc à maturité, puisque déjà consumée à plusieurs reprises par le passé notamment sur les titres «Manhattan Project » (Typical Cats) et « Orion’s Right Shoulder » (Leo Vs Pisces, premier LP solo de Meaty Ogre). Voilà pour le casting flamboyant.

Avant de rentrer dans le vif du sujet et voir ce que cet album a dans le ventre, une petite explication s’impose quant au projet conceptuel sur lequel Qwel se penche depuis plusieurs années maintenant. Lecteur zélote de récits canonico-bibliques, ayant décortiqué en particulier l’Apocalypse selon Saint-Jean et sa symbolique quaternaire  [4 cavaliers de couleurs différentes, symbolisant chacun un « stade » (respectivement : blanc/conquête, rouge/guerre, noir/famine et jaune/bestiaire], Qwel a mûrement réfléchi à la construction d’une symbolique discographique. Reprenant ainsi ces ritournelles bibliques à son compte, et les calquant de surcroît sur le rythme des saisons (histoire de rendre les choses plus simples), le MC devient démiurge de son propre livre prophétique, une version moderne de l’Apocalypse si vous préférez. Quatre saisons/quatre cavaliers comme symboles correspondant à quatre albums de la discographie de notre ami. Et FreezerBurner d’être la deuxième partie de cette pièce en quatre actes. Ainsi, si sur The Harvest Maker déroulait un tapis de compositions automnales et originales scénarisant les élans du cavalier blanc, Meaty Ogre a ici la rude tâche d’enfiler son écharpe, ses moufles et d’aller ambiancer du côté des effluves hivernales actuelles. Le blizzard quoi, créant son microcosme morainique au cavalier rouge et donc à un Qwel plus que fervent. Voilà pour les amphigouris apocryphes, pseudo-bibliques et salvateurs (ouf !).

Venons en au fait : l’album est bon et bien parsemé de ce que nous attendions, à la fois la pâte (si musicale) de Meaty Ogre et le lyrisme haché-menu d’un Qwel qui s’en donne à cœur joie dans son rôle phare (et habituel) de pourfendeur de misérabilisme culturel made in USA et de « rites païens » post-modernes. Soit, entre autres, luxure cathodique (« future drama / futurama shoot your mama sue your father on a tv show, I know the truth your honor / but peep the proof just ain’t so easy, quote », « High Tithe »), affres des impositions et d’un système économique régi par une soif de l’or non camouflée (« The Fourth Reich of the Rich », inspiré de l’ouvrage poubelle de Des Griffith, proxénète du mauvais blockbuster littéraire ?) ou plus trivialement disparition d’un hip-hop mainstream de qualité (« Saved », incrustée de jeux de mots liés au hip-hop : « Since before I peeped the theory from the low end / water deep three feet high and risin […] and Krs just made us listen / we had it made and paid in full »).

Freezerburner est à l’image du Qwel de 2006 : froid, pointu, plein d’idées, revendicateur et torturé. Et donc Qwel de revêtir les traits de l’éternel délégué syndical démocrate chrétien d’une ère glaciaire au sein de laquelle Chicago, l’Illinois comme tous les Etats-Unis plongent en apnée dans un Würm climatique dramatique. Hell on Earth : war goin on outside. Rien de nouveau sous la glace du grand nord. Comme à son habitude Qwel rebondit de vers en vers, de prose en prose, toujours habité par une maîtrise littéraire hors du commun (pléthore de jeux de mots et de destructurations déclamatives, du grand art) et par un flow toujours aussi caractéristique, certes pour cette fois (volontairement) ralenti par les compositions de son Ogre d’acolyte.

En guerre intellectuelle comme spirituelle, Qwel dénonce l’ultra-fanatisme qui mène à la déraison (« some claimin’ christian on the surface while they churches is prisons / shits some prisons are churches compared to the love that they are given », « High Tithe ») et vient s’essayer au chant sur deux titres, assez peu convaincant dans ce registre sur « Fallen Rome ». Si malgré quelques égarements sanctionnables quant aux positions ultra de Qwel, (sa verve créationniste dans « Machinegun Monkey » ne peut que faire sourire hors contexte, mais peut aussi faire peur; le zèle de « High Tithe » est fiévreux, tout simplement), le MC se place toujours en constat critique d’une perte du sens global de l’humanité, d’une dénonciation des courroux Babyloniens, du néant du tout matériel et d’une nécessaire rédemption à provoquer (« The Cyclops », entre autres). Freezerburner est finalement un long prêche passionné, documenté et triturant plutôt qu’essayant de convaincre. Plus un constat bien parachevé qu’une émulation béate d’un rappin’ Reverend Dr. C Dexter Wise III. Ce qui n’est pas plus mal. « They got ears but don’t hear / it’s ain’t like it’s new, can I get a amen / Standin scared and ensnared by their fear / can I get a amen » charcute ainsi Qwel sur « High Tithe », significatif à plus d’un titre, par ses handclaps incisifs et la grandiloquence toute-gospel et hiératique de la chanson.

Néanmoins il y a un mais, et non des moindres. L’album est dense, c’est une qualité souvent, mais qui sur ce projet se mute en léger handicap. Trop dense, brumeux, voire « brouillardeux » cet album ? Non que l’architecte sonore ait fait un mauvais travail, loin de là. Meaty Ogre à la barre du brise-glace FreezerBurner ne déçoit pas. Juste que son linceul rythmique souvent tissé sur un « rock sixties à la découverte de l’électrification » est souvent très bon, mais semble parfois se répéter, enfermant l’auditeur dans des thématiques sonores similaires. Vous me direz, ceci était voulu : créer une mouture glaciaire (spectrale ?), un brin funèbre et forcément carcérale du fait de la cristallisation d’un sentiment tout-puissant d’éternité et d’inaltération relayé par les lyrics d’Apocalyse Qwel. Si cela fonctionne sur « Id Glue » ou « The Fourth… » par exemple, plusieurs titres ne parlent pas de ce fait (Elijah), et ce sont dès lors les prod les plus évolutives de Meaty Ogre qui sortent du lot (« Cabin Fever » et ses flyin’ symbals, ses soli de guitare en avalanches, sculptures sur glace pour l’héroïsme d’un Qwel rappelant dans ses râles le Prince Rakeem d’époque). La recherche des samples et boucles de batterie est encore une fois scotchante (« Winterlude », « Cabin Fever ») et, en bon épicier de l’instrumentale mélo, M. Ogre sait à quel moment faire poindre ces enluminures et tremolos crasseux qui font la différence (les ondoiements cristallins de flûte de « Practice For Hope » en sont un exemple, tout comme la panoplie harmonica, guitares distordues, chœurs enfarinés et scratchs/transforms lointains…). Le beatmaker est encore aller digger ses ambiances du côté des grands du jazz rock dada (King Crimson, Robert Wyatt) en ressuscitant fiévreusement de ses caisses à disques des breaks enivrants, de funk-rock déchirés aussi sombres que la toile climatique qu’il arrive à tirer tout au long de l’album, et au final tendre avec beauté (« The Fourth Reich Of The Rich » en est symptomatique, tout comme « Practice For Hope », qui finit par enivrer et donner cette impression de vie instrumentale auto-alimentée, créant l’émotion).

Finalement, Freezerburner est à The Harvest ce que Leo vs Pisces pourrait être à Honestly. Difficilement comparable, mais un cran en dessous, s’il l’on effectue tout de même la démarche. Néanmoins, Qwel reste un MC incomparable et couteau-Suisse qui, même si ici brille peut être de moindres feux qu’à l’habitude, est capable de retourner une création sonore de sa seule aura. Surtout quand ces mêmes créations savent lui damer la piste, chose entreprise ici de façon erratique et inégale. Freezerburner aurait pu être magnifique, il n’est que bon, trop prisonnier d’une certaine conventionalité commune aux deux protagonistes. Espérons que l’acte trois, épisode printanier de cette toute puissante « liturgie qwellienne » mettra un terme à ces légers doutes.

Par NeOx & FuzE - Publié dans : Actualités Underground Hip hop
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Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /Nov /2006 10:52

Cette réunion n'a rien d'anecdotique. Cela faisait presque dix ans que les Geto Boys, tout du moins dans cette configuration là, étaient restés silencieux. Depuis le génial « Resurrection » . Alors, oui, un album était sorti en 1998 ( « Da Good, da Bad & da Ugly » ), mais, orphelins de Bushwick et encombrés d'invités de toutes sortes, Mr Face et Willie D avaient peiné à réaliser un album intéressant. Pendant ce long intervalle, les membres du groupe en ont profité pour étoffer leur discographie solo, particulièrement prolifique pour Scarface. Donc, au delà de l'appréhension que pouvait susciter une telle réunification, l'excitation de retrouver la « vraie formation » des Geto Boys se faisait forte.
Petit aparté historique, pour ceux que la formule « vraie formation » laisse sceptiques. En 1988 sortit le premier album estampillé Geto Boys, mais le groupe ne comptait aucun des trois membres actuels (à part Bushwick, alors danseur). Seul le DJ Ready Red sera présent sur le vrai premier album des Geto Boys, « Grip it ! On that other level » (qui fut aussi édité sous le nom « Geto Boys » , avec quelques titres différents). Place ensuite à « We Can't Be stopped » et son inoubliable pochette. Pour « Till Death Do us Part » , plus de Willie D, mais Big Mike des Convicts, qui le remplace brillamment. En 1996, c'est au tour de « The Resurrection » de nous enchanter, Willie D ayant repris sa place. Il ressort de tous ces albums que les plus réussis sont ceux où les Geto Boys sont Scarface, Bushwick Bill et Willie D.
Revenons donc a « The Foundation » . La panoplie musicale des Geto Boys est assez fournie et diversifiée, ils l'ont prouvé grâce aux albums précédemment cités. Et, une fois de plus, ils font honneur à leur réputation sur ce nouvel opus. Réduire les GB's à du gangsta rap bruyant serait grave. Bien sur, ils sont adeptes du genre, mais tant qu'ils le font bien...Dès le début du lp, « Declaration of War » , « Yes yes yall » et « We Boogie » font bonne figure dans le genre. Plutôt sombre pour le premier, festifs pour les deux autres, ces titres nous permettent, quoi qu"il arrive, de retrouver les trois rappeurs dans un registre qu'ils font plus que maîtriser. Scarface est toujours aussi bon au micro, Willie D toujours aussi énervé, Bushwick toujours aussi cru et vulgaire dans ses propos. En effet, le rappeur borgne rentabilise le « Parental Advisory » de la pochette en l'espace de trois titres, pour notre plus grand plaisir. Petit florilège de phases poétiques : " I'm the little motherfucker with the big dick swingin/nuts still hangin'/got hoes singin' the blues... "; "I ain't the cuttest nigga rappin' but I still got hoes/Snatch the baddest piece up in this bitch with one eye closed/R.Kelly that's my nigga so I like girls young/eighteen to twenty-three black and white girls come" . Face et Willie D ne sont pas en reste, et s'en donnent également à coeur joie sur "We Boogie", dont le concept des gangsters qui ne dansent pas ne sera pas étranger aux fans de notre Oxmo national.
Mais, même si ces effusions de misogynie et de violence satisferont les anciens fans des Geto Boys, il se souviendront également que leurs titres ayant eu le plus de succès sont, paradoxalement, les plus calmes et réfléchis. Depuis « My mind is playin' tricks on me » , en passant par « Six Feet Deep » et « The World is a Ghetto » pour arriver au plus récent hit de Scarface, « My Block » , les titres mélancoliques des GB's ont souvent été de franches réussites. Les quelques tentatives de ce style présentes sur « The Foundation » sont honorables, mais la relative faiblesse des production fait que ces morceaux n'atteignent pas le niveau de leurs illustres prédécesseurs, tout en restant agréables ( « I Tried », « Leaning on You », « The Secret » ).
L'album sonne comme un retour aux sources, en particulier dans deux des meilleurs titres de l'album : « G-Code » et « Dirty Bitch » . Sur le premier, Scarface se montre revendicatif, voir vindicatif à l'égard de la police, nous ramenant au jouissif « Crooked Officer » de 1993. Sur le second, ils explorent comme eux seuls savent le faire un registre sombre et dérangeant car réaliste. Les envies de meurtre de Bushwick à l'égard de son ex donnent naissance à un titre venant se ranger aux côtés de « Murder Avenue » et « Chukie » au palmarès des titres sombres du groupe, mais le texte est ici encore plus marquant : "Referred to your daughter as my daughter, your son as my son/Called you my wife, even if it was common law/Never saw a better creature in my life/How could the one who stole my heart, make me reach for my knife/Why you reachin for your knife? Cause I'ma stab that bitch/What if they take your freedom Bill? They can have that shit" .
Cet album n'est donc pas le come-back raté de trois has-been en manque d'argent, mais une nouvelle page dans l'histoire de l'un des meilleurs groupes de gangsta rap Américain. « The Foundation » n'est pas un classique au même titre que beaucoup d'albums des GB's, mais un des meilleurs albums gangsta de l'année. Les vétérans ont montré que « When it gets gangsta » , il fallait toujours compter sur eux, et qu'ils étaient malgré le poids des années bien plus efficaces que nombre de rappeurs nouvelle génération.

Par NeOx & FuzE - Publié dans : Actualités Underground Hip hop
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Dungs Posse intégral Bandits....c'est comme ca que commence l'une de nos chanson....
Ce blog n'est pas comme tous les autres car je trouve personnelement qu'un blog c´est a chier ben ouai on doit venir souvent sur son blog pour mettre de nouveau truk tout ca sa prend du temps mais pourquoi alors le Dungs Posse fait son Blog.....pour que l'on parle de nos on ait du Hip hop a Lille précisement on n'appartatient pas trop au système , toute personne sencée sit que c'est impossible de ne pas du tout y appartenir , on est rejeté de partout on ne trouve rien a faire mais nous ne sommes pas chomeurs que pourrais donc faire deux glandeurs ben voila que ces deux blaireaux on une passion la musique plus précisement le Hip hop , mais on reste tolérent sur les autres styles , on en vie pas c'est pour le moment pas possible mais on en vibre pas a faire les merdes qu'on vous balance en radio on est pas la pour le bisness on s'appelle pas 50cent P.Daddy.... on juste la pour faire passer des idées on a nos convistions on veut juste vous faire ouvrir les yeux.....mais comment

C'est vrai que c'est écrit en rose non pas parcequ'on a pas trouvait les autres couleurs mais juste parcequ'on ne se prend pas au sérieux........" 2 MC veulent nous ouvrir les yeux sans se prendre au sérieux.....???? " ben oui c'est la la nouveauté pour vous pauvre petit clone de votre environnement sous dévellopé cérébralement on écrit ce qu'on pense ou pas on le met en musique et c'est a vous de faire la part des choses lorsque c'est vrai ou non.....

bon trève de bla-bla ce blog ce n'est pas ma vie c'est juste notre facon de vivre....

tiens toi pret a pénétrer la Réalité.....

 

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